Reconnaître et diagnostiquer

Reconnaître un format de film

Un des points forts de l’industrie du cinéma, c’est sa capacité à faire simple. Ainsi, les premières caméras et les premiers projecteurs alliaient simplicité et efficacité, la marque de fabrique des inventeurs de cette époque …

De ce fait, il ne faut pas chercher très loin dans la ‘jungle des formats’ de films, le nom du format est toujours donné par la largeur de la pellicule. Mesurez la largeur de votre film, vous connaîtrez son format. La seule exception est le Super 8, qui a la même largeur que le 8mm.

Historique des formats de film les plus courants

 

Année Format Type Remarques
1895 35mm n&b format professionnel
1922 9,5mm n&b Pathé  Baby  – invention du cinéma amateur (en France !!!)
1923 16mm n&b Kodak invente le 16mm, format semi-professionnel adopté par certains amateurs
1928 35mm son optique format sonore professionnel
1930 16mm son optique film sonore professionnel
1932 8mm n&b Deuxième format amateur, inventé par Kodak 10 ans après le succès du Pathé Baby
1935 16mm, 8mm couleur premiers formats couleur pour les amateurs
1964 super-8 n&b + coul Kodak: format amateur
années 60 et 70 16mm, s-8, 8mm son magnétique

Bien entendu, d’autres formats de films existent (enfin plutôt ont existé il y a plusieurs dizaines d’années), mais vous les rencontrerez de façon réellement exceptionnelle.

Diagnostiquer l’état d’un film

Première remarque : Un film en bon état n’a pas d’odeur (ou alors une odeur de poussière de vieux grenier, mais ça n’est pas grave dans ce cas ;-) ).

Une odeur de vinaigre, de moisissure, de savon, de putréfaction, ou toute autre odeur prononcée est un signe impératif de dégradation du film. Dans ce cas, évitez tout contact direct avec le film (la moisissure est nocive pour votre peau), isolez la ou les bobines produisant ces signes de celles qui paraissent saines, et confiez d’urgence ces film à un bon spécialiste qui saura le remettre en état (non pas le réparer, toute dégradation de la pellicule étant irréversible en soi, mais au moins stabiliser son état et éviter que la dégradation du film s’accélère).

La moisissure

Elle se remarque tout d’abord par une odeur de papier moisi, puis à l’ouverture des bobines par des taches de moisissure qui peuvent être blanches ou jaunes, voire être colorées par les pigments du film. Mettez un masque filtrant type masque à peinture, pour éviter de respirer les spores de champignons. Il faut, pour stopper l’évolution de la moisissure, faire sécher doucement le film dans l’endroit le plus sec possible, avec une aération légère. La colonie de moisissures peut survivre pendant des mois avant de sécher complètement. Une fois les moisissures séchées, un essuyage complet du film avec un produit de nettoyage de films permettra d’éliminer les résidus de champignons.

Le syndrome du vinaigre

Si la moisissure attaque de préférence la gélatine du film, le syndrome du vinaigre est lui aussi provoqué par un champignon, mais celui-ci s’attaque au support du film. Le support des films modernes est en acétate de cellulose (voir chapitre suivant sur les films Flamme), et la décomposition du support en acétate produit de l’acide acétique (plus communément appelé vinaigre). Ce syndrome, comme l’attaque de moisissure, est provoqué par une exposition prolongée à un environnement humide et chaud. Nos cousins des Antilles, par exemple, connaissent bien la très faible durée de vie des supports de film argentique … sous le climat tropical.

Si un de vos film présentent des symptômes inquiétants, n’hésitez pas à nous en parler ou à nous les confier pour expertise.